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Corps repeché dans le Lac de Soustons : Assises des Landes

Corps repeché dans le Lac de Soustons : Assises des Landes

Corps repêché dans un lac de Soustons (40) : 22 et 10 ans de prison pour les accusés

A La UneLandesSeignosse

Publié le 23/09/2017 à 9h13 par Yoann Boffo.

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Corps repêché dans un lac de Soustons (40) : 22 et 10 ans de prison pour les accusésMes Dutin et Mira ont plaidé la requalification des faits reprochés à Jean-Paul Leslie, sans succès.

photo Loïc Dequier

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Maud-Berengère Delbart et Jean-Paul Leslie ont été condamnés, hier, pour séquestration suivie de mort.

En condamnant Maud-Berengère Delbart à vingt-deux années de prison pour séquestration suivie de mort, la cour d’assises des Landes s’est rangée à la version des faits de Jean-Paul Leslie, condamné lui à dix ans pour le même motif (1). Depuis le début, l’accusé d’origine guadeloupéenne désigne Maud-Berengère Delbart. Elle aurait tenu le premier rôle dans la mort de Stéphane Pasturel, le 26 janvier 2015, à Seignosse.

Elle aurait donné les ordres pour faire disparaître le cadavre dans un étang de Soustons. « Trop rapidement, trop simplement, trop facilement présentée comme une meurtrière », avait pourtant plaidé son défenseur, Me Thierry Sagardoytho, soulignant « les trous dans le puzzle ». « La thèse du gentil molosse dominé par Madame, laissons ça aux clichés. »

Silence coupable

« Elle serait coupable de s’être tue. C’est une présomption de culpabilité. » Pour l’avocat palois, la version fournie par Jean-Paul Leslie, dès sa première audition par les enquêteurs, n’est pas exempte de « zones d’ombre ». Notamment lorsqu’il dit n’avoir vu aucun coup, en dehors d’une ou deux baffes. « Il est contredit par la médecine légale. Dans son récit, il n’y a pas de place pour les lésions de défense et les ecchymoses constatées sur le cadavre. Pourquoi n’en parle-t-il pas ? Parce que ce passage l’implique personnellement. » Pour Me Sagardoytho, la séquestration elle-même n’était pas une évidence. « Quel élément de preuve, hormis le récit de Jean-Paul Leslie, permet de dire que Maud-Berengère Delbart a utilisé le scotch pour attacher Stéphane Pasturel ? »

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Jean-Paul Leslie a-t-il livré la vérité ou sa vérité ? L’avocat général, convaincu que Maud-Berengère Delbart a bien étranglé Stéphane Pasturel, est aussi persuadé que Jean-Paul Leslie a « minimisé » sa participation. D’où les peines requises, vingt-sept et quinze ans de prison. L’avocat de la partie civile, maître Jean Tamalet, a aussi appelé à ne pas oublier le rôle joué par Jean-Paul Leslie. Actif pour lier dans un premier temps les mains de Stéphane Pasturel, passif face au meurtre. Le représentant de la famille de la victime a appelé les jurés à ne pas céder au charme de « nounours ». « Il vous faut faire un pas de côté par rapport à l’empathie qu’il suscite. Si ce qu’il a fait est bien ce qu’il décrit, cela reste extrêmement grave. »

Sur Maud-Berengère Delbart, les parties civiles rejoignent le parquet. Elle a étranglé Stéphane Pasturel. Cela ne souffre aucun doute. « Pour son père, elle n’a pas d’intelligence. Pour sa mère, elle n’a pas d’affect. Voilà comment on construit quelqu’un capable de passer à l’acte », explique Me Tamalet.

Mensonges utiles

Les bravades de Maud-Berengère Delbart durant le procès et ses contradictions, égrenées de longues minutes par l’avocat général au cours des réquisitions, ont été la meilleure arme de la défense de Jean-Paul Leslie. Me Katy Mira relève quatre versions différentes fournies par Maud-Berengère Delbart lorsqu’elle évoque l’arrivée de Stéphane Pasturel chez elle. Cinq récits distincts pour raconter son réveil et la découverte du corps dans son salon. « Ses contradictions démontrent qu’elle ment. Vous avez d’un côté un discours linéaire, qui n’a jamais varié, de l’autre quelqu’un qui se contredit à longueur de temps », souligne Me Mira.

Avec Me Frédéric Dutin, l’autre conseil de Jean-Paul Leslie, elle a appelé la cour à requalifier les faits de séquestration suivie de mort reprochés à Jean-Paul Leslie. Oui, l’accusé reconnaît avoir scotché les poignets de Stéphane Pasturel. Mais pour ses avocats, c’était insuffisant pour retenir la séquestration. Stéphane Pasturel pouvait encore se mouvoir. Mieux, il est d’abord parvenu à se détacher. « On entre alors dans une autre phase. C’est bien Maud-Berengère Delbart qui lui rattache les mains et scotche son torse à une chaise », déroule Me Dutin. Cette hypothèse n’aurait pas fait de Jean-Paul Leslie un innocent. Reste le recel de cadavre, le non-empêchement de la commission d’un crime, et les modifications apportées à la scène. Avec à la clé, des peines sans commune mesure avec celles requises par l’avocat général. « Cela colle parfaitement avec ce qu’il a fait », estime Me Dutin. La cour n’a pas suivi.

(1) À sa sortie de prison, Maud-Berengère Delbart restera sous le coup d’un suivi sociojudiciaire de trois ans avec obligation de soins et interdiction de résider dans les Landes, où vit la famille de la victime.

Publié le 30/10/2018

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