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Assises des Landes : Acquittement de Mr DUPRAT

Assises des Landes : Acquittement de Mr DUPRAT

Assises des Landes : La responsabilité de Duprat pose question

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Publié le 24/06/2017 à 10h17 par Yoann Boffo.

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Assises des Landes : La responsabilité de Duprat pose questionKaty Mira et Frédéric Dutin assurent la défense de Jean-Marc Duprat.

ph. arch. n. le lièvre

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L’état d’esprit de Jean-Marc Duprat amène à s’interroger sur une possible altération.

Un acte qu’il ne parvient toujours pas à s’expliquer. Des souvenirs introuvables. Au deuxième jour du procès de Jean-Marc Duprat pour tentative d’assassinat, sa responsabilité pose question. Était-il pleinement conscient, lorsque, ce soir de septembre 2014, il poignarde une personne après une dispute et en blesse une autre ? La question sera certainement posée lundi aux jurés, a annoncé la présidente, à l’issue de l’audience. La réponse est peut-être à chercher du côté des souffrances passées de Jean-Marc Duprat.

« Quand il est confronté à quelque chose de trop douloureux, il ne parvient pas à l’affronter avec des réactions d’adulte. Il régresse et se remet dans sa peau d’enfant, explique l’experte psychologue à la barre. Le jour des faits, il était dans un autre monde à cause de cette dispute, des insultes. Dans cet état, il peut confondre les images paternelles avec la personne en face de lui. » D’où la volonté exprimée par l’accusé de proposer un duel au couteau à la victime. Une façon de satisfaire son envie de mourir. Tout en faisant punir, à travers son opposant, l’image de son père biologique et de celui qui l’a élevé, tous deux honnis. « Avait-il alors conscience de ce qu’il faisait ? », questionne maître Mira, avocate de la défense. « Je n’en suis absolument pas sûre », hésite la psychologue. Selon elle, le choc du passé et du présent peut aussi expliquer les difficultés à se souvenir. Même trois ans après.

En prison ou au cimetière

Plus tôt dans la journée, le témoignage du personnel du restaurant a permis de préciser le déroulement des faits, incertain jusqu’ici. Une fois maîtrisé, dans l’attente des gendarmes, l’accusé exprime sa volonté au patron du restaurant, couché sur lui pour le maintenir à terre : « Il m’a dit : ‘‘Je voulais le tuer. J’avais un couteau pour lui, et un pour moi. Je voulais me tuer aussi.’’ Quand il a réalisé qu’il avait involontairement touché l’autre personne, il s’est mis à pleurer. Comme un enfant qui s’est aperçu de sa bêtise. »

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Une bêtise, Jean-Marc Duprat avait déjà failli en commettre une, quinze jours plus tôt. Le serveur d’un bar où il avait ses habitudes a expliqué hier, à la barre, lui avoir confisqué deux couteaux, dans d’autres circonstances. « Il les a posés sur le bar et m’a dit qu’il faudrait aller le voir soit en prison, pour lui porter des oranges, soit au cimetière. Il le disait régulièrement, mais pour moi, c’était du bla-bla. Il n’était pas crédible. » Le serveur parvient à lui subtiliser les armes et ne les lui rend que cinq jours plus tard. Selon ce témoin, Jean-Marc Duprat en veut alors à un rival amoureux. « Il n’arrive pas à comprendre qu’il puisse encore échouer, être mis de côté à nouveau, interprète la psychologue. Ou alors, c’est une façon de dire : ‘‘Je vais faire ça. Arrêtez-moi s’il vous plaît’’. »

Publié le 30/10/2018

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